Les origines — qui était vraiment Fanny ?
L'histoire de la Fanny est à la pétanque ce que l'histoire de Guillaume Tell est à la Suisse : une légende fondatrice, partiellement documentée, abondamment brodée, et dont personne ne veut vraiment remettre en question le fond parce qu'elle est trop bonne.
🏺 LA LÉGENDE OFFICIELLE Fanny de Grenoble — la serveuse du café La version la plus répandue situe l'histoire dans un café de Grenoble au début du XXe siècle. Une jeune serveuse prénommée Fanny aurait, par tradition ou par moquerie, offert sa joue à embrasser aux joueurs qui perdaient 13-0. La joue en question — et c'est là que les versions divergent — n'était pas toujours celle du visage. Dans certaines variantes de la légende, c'est un tableau représentant les fesses de Fanny qui ornait le mur du café, et c'est ce tableau que les perdants devaient embrasser.Ce qui est certain : la pratique existait dans les cafés et les boulodromess couverts de la région Rhône-Alpes avant de se répandre dans tout le Sud de la France, puis dans l'ensemble du territoire au fil des décennies. Début XXe siècle Naissance de la tradition dans les cafés grenoblois Pratique locale liée à la culture des cafés-boulodromess couverts de la région. La honte publique de perdre sans marquer un seul point est formalisée par un rituel d'humiliation douce — et très photographiée. Années 1930–1950 Diffusion dans tout le Sud de la France La tradition se propage avec le développement de la pétanque comme sport populaire. Chaque région s'approprie le rituel et lui ajoute ses variantes locales. Le tableau représentant Fanny — les fesses peintes ou sculptées — devient un objet incontournable des clubs. Années 1970–1980 La Fanny devient un objet de collection Les représentations de Fanny se multiplient : tableaux, sculptures, plaques de bois découpées, céramiques peintes... Les brocanteurs commencent à vendre ces objets. Certains clubs commandent des versions personnalisées. La tradition s'institutionnalise. Aujourd'hui Patrimoine immatériel de la pétanque française La Fanny est aujourd'hui reconnue comme une tradition culturelle majeure de la pétanque. Les clubs qui n'ont pas leur tableau ou leur rituel font figure d'exception. Des variantes régionales font la fierté locale. Et chaque génération de joueurs connaît au moins un premier Fanny qui l'a marqué à vie. 🎙️ Paquita sur la légende de Fanny "J'ai fait mes recherches. Il existe au moins sept versions différentes de qui était Fanny. Dans l'une, c'est une serveuse de Grenoble. Dans une autre, une patronne de café de Lyon. Dans une troisième, un personnage inventé de toutes pièces par un joueur en 1923 pour humilier son beau-frère. La vérité, c'est que personne ne sait vraiment. Et franchement, c'est mieux comme ça. Une légende qui a une origine officielle perd la moitié de sa magie. Fanny est plus intéressante mystérieuse." — Paquita, historienne amateur et accidentelle
Mythes vs réalité : ce qu'on croit savoir (et qui est faux)
Au fil des décennies, la Fanny a accumulé une couche épaisse de croyances fausses, de règles inventées et de traditions locales érigées en loi universelle. Démêlons le vrai du faux.
❌ MYTHE "La Fanny est une règle officielle FFPJP." "On doit obligatoirement offrir un verre." "La Fanny s'applique aussi en doublette et en tête-à-tête." "Prendre une Fanny disqualifie de la suite du concours." "Fanny était une vraie serveuse dont on connaît le nom de famille." "Il est interdit de refuser le rituel dans un club affilié." ✓ RÉALITÉ La Fanny est une tradition culturelle — aucun règlement FIPJP ou FFPJP ne la mentionne. Le verre est une coutume locale. Certains clubs ne le pratiquent pas, d'autres exigent une tournée entière. Dans la tradition classique, la Fanny concerne la triplette. Son application en doublette varie selon les clubs. La Fanny n'a aucune conséquence sportive officielle — c'est uniquement un rituel culturel. L'identité réelle de Fanny reste non établie. Les archives du café présumé de Grenoble n'ont rien confirmé. Le rituel est une tradition, pas une obligation légale. Un refus peut cependant générer un froid durable avec le club.Ce que dit la "règle" — et ce qu'elle ne dit pas
📋 LA DÉFINITION CONSENSUELLE Une équipe prend une Fanny quand elle perd une partie sans avoir marqué aucun point — c'est-à-dire que le score final est 13-0 (ou dans certaines variantes de jeu, tout score X-0 où l'équipe perdante n'a jamais mené). Le rituel traditionnel veut que les perdants embrassent les fesses de Fanny — représentées par un tableau, une sculpture ou tout objet en tenant lieu — et offrent un verre ou une tournée à l'équipe gagnante, aux arbitres ou à l'ensemble des joueurs présents selon la tradition locale. 13-0 le score classiquede la Fanny 0 points marqués
par l'équipe qui la prend ∞ variantes de rituels
recensées en France 1 verre minimum
(selon les clubs) 🍷 Le verre — obligatoire ou pas ?
Dans la tradition classique, l'équipe qui prend la Fanny offre une tournée générale — ou au moins un verre aux gagnants. Dans les grands concours avec beaucoup de parties simultanées, cette règle est souvent allégée (un verre à l'équipe adverse uniquement) pour des raisons pratiques évidentes. Dans les clubs, la tradition est maintenue avec plus de rigueur. La règle non écrite : celui qui refuse le verre sera rappelé à l'ordre par tout le club lors de sa prochaine Fanny — et il en prendra forcément une, un jour ou l'autre.
Les rituels les plus fous — tour de France des traditions
La France est un pays de 67 millions d'habitants et d'autant de façons différentes de faire prendre une Fanny. Voici une sélection des variantes les plus créatives, les plus humiliantes, et les plus inexplicables recensées à travers les clubs.
📍 Sud-Est classique Le Tableau de Fanny obligatoire Le perdant embrasse les fesses peintes sur le tableau accroché au mur du club. Le baiser doit être sonore, visible et assumé. Aucun baiser du bout des lèvres — le secrétaire du club vérifie. Tournée générale offerte par les perdants. 🟢 Classique 📍 Région lyonnaise La chanson de la honte En plus du baiser sur le tableau, les perdants doivent chanter en chœur une comptine dédiée à Fanny composée par le club. Les paroles changent d'un club à l'autre mais incluent systématiquement les prénoms des perdants. La qualité musicale n'est pas requise — l'enthousiasme si. 🟠 Intense 📍 Provence intérieure La procession publique L'équipe perdante se lève, se tient en ligne devant les autres joueurs du concours et récite à voix haute : "Nous avons pris Fanny. Nous en sommes fiers. Enfin non." Puis chacun embrasse le tableau à tour de rôle avec le prénom annoncé par le présentateur improvisé. 🟠 Public 📍 Occitanie Le selfie avec Fanny Version moderne et documentée : les perdants se photographient en train d'embrasser la Fanny. La photo est envoyée immédiatement dans le groupe WhatsApp du club. Elle reste épinglée jusqu'à la prochaine Fanny du club. Un perdant a tenté de supprimer la photo. Il a été banni du groupe. 🟠 Digital 📍 Périgord La Fanny en rosé Le rituel est simple et redouté : les perdants offrent une bouteille de rosé local par joueur dans l'équipe gagnante. En triplette, ça fait six bouteilles. En grande finale d'un concours de 80 personnes, certaines équipes ont calculé qu'une Fanny pouvait coûter plus cher que l'inscription. 🔴 Coûteux 📍 Bretagne (oui, il y a de la pétanque en Bretagne) La Fanny en cidre Adaptation locale du rituel méridional : le rosé est remplacé par du cidre brut. Le tableau de Fanny a été remplacé par une sculpture en bois de chêne représentant une sirène en position équivoque. L'embrasser en Bretagne, c'est embrasser un patrimoine culturel hybride et magnifique. 🟢 Local 📍 Paris — boulodromess couverts La Fanny version urbaine Dans certains clubs parisiens, le tableau traditionnel a été remplacé par un écran qui affiche le score 13-0 avec les noms des perdants pendant 10 minutes. Pas de baiser. Pas de verre obligatoire. Juste la honte digitale, sobre et froide. Les Parisiens ont leur propre style d'humiliation. 🟢 Moderne 📍 Var — club non identifié La Fanny en bermuda Le perdant doit récupérer le tableau de Fanny, le porter sous le bras jusqu'à la buvette, commander les verres en le tenant visible, et le remettre en place. Une main sur le tableau, une main qui sert. Personne n'a questionné l'origine de cette règle. Elle date de 1987 et c'est ainsi. 🔴 Légendaire 📍 Inconnu — signalé sur Facebook Le discours de Fanny Le capitaine de l'équipe perdante doit improviser un discours d'au moins 2 minutes expliquant pourquoi ils ont perdu 13-0, sans jamais employer les mots "malchance", "terrain", "soleil", "vent" ou "c'est pas juste". Durée record : 12 minutes. Durée minimale admise : 58 secondes. 🔴 Créatif 📸Les représentations physiques de Fanny — tableaux, sculptures, plaques — sont vendues dans de nombreux commerces spécialisés pétanque et en brocante. Elles varient du classique tableau peint en bois au modèle en résine plus récent. Certains clubs font personnaliser les leurs avec le logo du club. La plus petite Fanny recensée mesure 8 cm. La plus grande, dans un club varois, mesure 1m20 et pèse 12 kilos.
Le classement de honte — les pires façons de prendre une Fanny
Toutes les Fanny ne se valent pas. Il y a la Fanny ordinaire — triste mais digne. Et il y a les Fanny légendaires dont on parle encore dix ans après. Voici le classement officieux des circonstances les plus aggravantes.
🏅 La Fanny en finale de concours Perdre 13-0 en finale, devant 80 joueurs qui attendaient d'aller boire. La honte est proportionnelle au nombre de témoins. Niveau de récupération psychologique estimé : 3 à 6 mois. HONTE MAX 🥈 La Fanny contre des débutants Vous jouez depuis 15 ans. Eux depuis 3 semaines. Le score final : 13-0 pour eux. Certains joueurs ont vendu leurs boules après ça. D'autres ont juste changé de club. CUISANT 🥉 La Fanny contre votre propre famille Oncle Roger et ses fils ont fait 13-0. Votre père est dans l'équipe qui a pris Fanny. Le repas de Noël suivant a été difficile. Oncle Roger a ramené le sujet à l'apéritif. DURABLE 4 La Fanny photographiée et partagée Le baiser sur le tableau a été immortalisé. La photo est dans le groupe WhatsApp depuis 2019. Elle revient à chaque anniversaire de la date. Elle a été imprimée et affichée dans le club. ÉTERNEL 5 La Fanny le jour de votre premier concours Vous vous êtes inscrit avec enthousiasme. Vous avez perdu 13-0 votre première partie. Vous avez dû embrasser Fanny avant même de comprendre ce qu'était Fanny. Bienvenue dans le sport. FORMATEUR 6 La double Fanny (deux fois dans le même concours) Statistiquement quasi-impossible. Humainement traumatisant. Un joueur de Toulouse l'a vécue en 2018. Il joue toujours. On le respecte pour ça. LÉGENDAIREPeut-on éviter la Fanny ?
La question que tout joueur se pose en silence au fond de lui-même. La réponse courte : oui, techniquement. La réponse longue : si vous jouez assez longtemps, non.
🧠 LA STRATÉGIE DU POINTEUR SACRIFICIEL "Dans certains clubs, il existe une théorie selon laquelle on peut 'acheter un point' en sacrifiant délibérément une mène désespérée pour marquer au moins 1. Même 1 point suffit. Ça ne change rien à la défaite — 13-1, c'est toujours humiliant — mais ça évite la Fanny. Cette stratégie est contestée sur le plan éthique mais universellement comprise par tous les joueurs qui l'ont vue pratiquer." 😤 LA VÉRITÉ STATISTIQUE "Tout joueur régulier prendra une Fanny dans sa vie. La question n'est pas si, mais quand. Les chiffres sont implacables : si vous jouez 50 parties par an depuis 10 ans, la probabilité d'avoir évité 500 fois un 13-0 est proche de zéro. La Fanny n'est pas une malédiction — c'est juste de la statistique avec un tableau aux fesses et une tournée." 🎭 L'APPROCHE PHILOSOPHIQUE "Les plus grands joueurs disent qu'on doit embrasser Fanny avec élégance — voire avec fierté. Parce que prendre une Fanny, c'est avoir joué. C'est avoir participé. Et c'est avoir eu la malchance ou l'adversaire suffisamment bon pour ne jamais vous laisser marquer. Il y a quelque chose de presque poétique là-dedans. Enfin, c'est ce qu'on se dit après le troisième verre." 🍑 Le conseil de Paquita pour survivre à sa FannyQuand ça arrive — et ça arrivera — soyez le joueur qui l'assume avec humour. Embrassez le tableau avec enthousiasme, offrez le verre de bonne grâce, racontez l'anecdote vous-même avant que les autres le fassent. Un joueur qui rit de sa Fanny avant les autres est un joueur qu'on respecte. Un joueur qui disparaît aux toilettes juste au moment du rituel est un joueur dont on se souvient pour de mauvaises raisons.
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📦 Commander sur AmazonFAQ — Vos questions fréquentes
Non. Le règlement FIPJP et FFPJP ne mentionne pas la Fanny. C'est une tradition culturelle, pas une règle sportive officielle. Dans les grands concours nationaux ou internationaux, le rituel n'est généralement pas pratiqué — ou seulement de façon symbolique. C'est dans les clubs locaux, les concours amicaux et les doublettes de quartier que la tradition est le mieux maintenue. Chaque organisateur de concours peut décider de l'appliquer ou non dans son règlement particulier. Dans la tradition classique, la Fanny s'applique à toutes les formules de jeu — triplette, doublette et tête-à-tête. Un score 13-0 en tête-à-tête est même parfois considéré comme plus humiliant car vous êtes seul à assumer. La doublette ajoute une dimension particulière : vous partagez la honte avec un partenaire, ce qui peut soit souder une équipe, soit générer des tensions durables selon la façon dont chacun vit l'événement. L'improvisation prend le relais — et c'est souvent là que naissent les rituels locaux les plus créatifs. Sans tableau, les clubs ont utilisé une photo imprimée, un dessin au tableau blanc, un objet symbolique posé sur le comptoir, ou simplement la règle du verre sans support physique. Il existe même des clubs où la Fanny se prend en embrassant le maillot de l'équipe adverse plié en quatre. La tradition s'adapte aux moyens du bord. Techniquement oui — personne ne peut vous y obliger physiquement. Socialement, c'est une autre affaire. Dans la plupart des clubs, refuser le rituel est perçu comme un manque de fair-play et d'humour qui peut durer longtemps dans la mémoire collective. Il existe des alternatives acceptées : un refus catégorique accompagné d'une tournée générale offerte de bonne grâce est généralement accepté sans rancœur. L'important est l'esprit de la tradition — l'humilité devant la défaite — pas le baiser en lui-même. Plusieurs sports ont des traditions similaires d'humiliation douce pour les performances catastrophiques. Au curling canadien, certains clubs pratiquent des rituels équivalents. En fléchettes, les premières tentatives mémorables font l'objet de traditions de club. Mais la Fanny reste unique dans sa dimension physique (le baiser) et visuelle (l'objet représentatif permanent dans le club), ce qui lui confère une présence matérielle qu'aucune autre tradition sportive n'a vraiment reproduite. C'est pour ça qu'elle perdure — elle a un support physique qui lui donne une réalité concrète dans l'espace du club. 📎 Articles liés Règlement Règlement FFPJP complet — les vraies règles officielles Règlement Règlement 2026 — ce qui change vraiment Compétition Calendrier officiel des concours pétanque PétanqueLand Toutes les actualités pétanque Vidéo Vidéos arbitrage — les situations de jeu expliquées Outils Outils gratuits PétanqueLand© La Pétanque par Paquita — petanqueland.fr ·
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Cet article est une exploration culturelle et humoristique de la tradition de la Fanny. Toute ressemblance avec des Fanny vécues par des joueurs existants est statistiquement inévitable.